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Les Tiny House: La magie des yourtes

La Mongolie est renommée pour ses steppes interminables, ses chevaux sauvages et ses tribus nomades. Le type de structure que les nomades appellent maison fait partie intégrale de leur culture. Ces abris circulaires, facilement assemblés et désassemblés, résistants aux vents et protégeant du froid se nomment “Ger” ou “Yourte”.

De nos jours, la yourte est une option « tiny house » que beaucoup de personnes utilisent sur leur terrain, que ce soit comme habitation principale ou comme espace pour cours, évènements ou autre activité.

Pour notre série de blogs sur les Tiny Houses, Daniel, de Tartaruga, vivant dans une yourte située dans la vallée de Marvao au Portugal, partage avec nous son expérience : comment il a découvert les yourtes et apprit à les construire. Note : nous avons également un autre fabricant de yourtes au sud du pays – Yourtes – Alentejo.

Une histoire d’amour de yourte

A la fin des années 90, un groupe international d’artistes est parti d’Amsterdam pour un programme d’échange artistique – leur destination, la Mongolie. L’un d’eux, Froit, un passionné de tentes et de leurs confections, avait déjà créé des centaines de tipis et même enseigné leur fabrication lors d’ateliers.

En arrivant en Mongolie, le groupe a installé son camp à proximité d’une famille vivant en yourte. Froit ressenti directement une forte attraction pour ces structures rondes et, s’y intéressant, fut invité à visiter la leur. Il s’avéra que ses hôtes étaient une famille de fabricants traditionnels de yourtes et qu’ils possédaient une machine à coudre manuelle (il fallait tourner une manivelle pour qu’elle marche) cassée. Froit proposa d’y jeter un coup d’œil pour voir s’il pouvait la réparer et comme toujours, il avait quelques pièces avec lui. Après quelques jours, la machine fonctionnait comme neuve, permettant aux femmes de reprendre leur travail. Suivant le Code d’Honneur Mongole, le chef de famille commença à tout lui expliquer à propos des gers.

Il se trouve que cet évènement a été le premier transfert de connaissance de ce type. En effet, la construction de gers était jusque-là un secret d’Etat protégé n’ayant jamais quitté le territoire.

En revenant en Europe, Froit commença à construire, grâce à ses deux feuilles de papier remplies de notes et de croquis, le premier ger traditionnel érigé en dehors de son pays d’origine. Le projet ADM d’Amsterdam est devenu LE centre névralgique de construction de gers hors Mongolie, en connexion avec l’ambassade de Mongolie à Bruxelles pour assurer de bons résultats.

Plus tard, Froit devint mon enseignant.

L’expérience des yourtes

J’ai découvert les gers en 2003 et m’en suis émerveillé. Une année plus tard, je quittais mon travail pour devenir membre d’une communauté de fabricants de gers aux Pays-Bas, devenant au fil du temps responsable de la Section Bois. C’est là que j’ai tout appris sur la création d’un ger : du travail du bois jusqu’à la couture des couvertures, en passant par la fabrication de poêles à bois, de remorques, de sols et de n’importe quelle pièce nécessaire au magnifique puzzle géant qu’est sa structure.

L’Esprit Nomade est l’aspect le plus fascinant du mode de vie Mongole. Traditionnellement, un ger ne reste pas au même endroit pour plus de quelques mois, suivant les bovins et leur besoin immuable de vertes pâtures à brouter. Même la couverture de la structure en bois est fournie par les animaux qu’ils élèvent – et c’est une des parties les plus importante des gers.

Dans le temps, la manufacture du feutre était considérée comme un artisanat à part entière. Celui-ci est imperméable grâce à l’huile naturelle (la lanoline) présente dans la laine ; l’eau ruisselle à sa surface et ne pénètre pas. Le feutre est aussi hautement isolant, une qualité essentielle pour le climat rude de Mongolie. De plus, il rend la structure plus rigide afin de résister au poids de la neige ou aux vents forts.

Si la structure en bois est le squelette, la couverture de feutre est le gras et les muscles sans lesquels le ger ne serait qu’un « sac d’os ».

Traditionnellement, le ger a une porte, une couronne à deux supports et, en fonction du diamètre, un certain nombre de murs. La taille la plus commune pour les gers est de 5 ou 6 mètres de diamètre ; la plus petite étant appropriée pour un couple et la plus grande pour accueillir une famille s’agrandissant. En hiver, les familles vivent dans une seule habitation (jusqu’à 8 personnes) pour avoir plus chaud et économiser le bois de chauffage.

La vie de nomade est rude mais honnête, proche de la nature et des éléments.

Ayant vécu presque 5 ans en Espagne avant de déménager au Portugal, je demeure depuis 15 ans dans un ger, aimant toujours cela autant que le jour où je les ai découvert pour la première fois. Vivre dans une yourte permet de vraiment comprendre les structures que je construis, ce qui je pense, fait de moi un meilleur artisan.

Cela dit, de nos jours, on trouve beaucoup de styles de yourtes, toutes n’étant pas fonctionnelles. J’ai vu des structures immenses avec de grandes fenêtres et sans isolation ou couverture imperméable. Voici quelques points à réfléchir lors du choix de votre yourte :

  • Les grandes dimensions peuvent compliquer l’érection et le démontage pour réparation ou maintenance du ger
  • Des fenêtres peuvent être utiles si elles sont intégrées dans une porte pour créer un courant d’air, si placées en face de la porte principale. Elles doivent être faites dans des matériaux résistants, transparents, imperméables et qui ne fondent pas facilement
  • Ne pas utiliser d’isolation est absurde car cela affaiblit la structure
  • Une couverture imperméable en plastique crée de la condensation et favorise l’apparition de moisissure
  • Faire passer une cheminée au travers des couches imperméables amène inévitablement des complications lors d’un changement – traditionnellement, la cheminée sort par la couronne et pour une bonne raison
  • Placer la yourte sur une plateforme est possible mais rend le démontage plus compliqué (une plateforme amovible est recommandée dans ce cas) – normalement, on monte la yourte directement en contact avec la terre ou sur une couverture de sol en plastique pour éviter l’humidité

Pour ceux qui considèrent vivre dans un ger : c’est un merveilleux choix mais ça change la vie ! Sa forme circulaire et la vie à l’intérieure de celui-ci – tout comme dans un tipi – transforme considérablement le quotidien, ses mouvements et ses énergies.

Un des avantages du ger, s’il est utilisé de façon nomadique, est qu’il est rapide à monter et à démonter. Un ger est aussi proche d’une demeure que possible et en hiver, sera plus chaud qu’une maison en pierre typique du Portugal.

Quoiqu’il en soit, ce n’est pas une maison. Il nécessite de la maintenance et il faut y habiter pour en diminuer la « marque du temps ». Laisser un ger vide pendant l’hiver ou quand il pleut est une mauvaise idée car il a besoin de feu et de vie pour rester confortable et fonctionnel. Une maison a besoin d’entretien au fil du temps, il en va de même pour le ger – mais la négligence aura peut-être un impact plus visible et plus direct dans une yourte.

En Mongolie, on dit qu’un ger tient une génération mais s’ils sont bien faits et entretenus, ils peuvent durer des décennies (notre plus vieux ger a 20 ans et est toujours en forme – pas mal pour une « tente » !).

Il faut mentionner que le désavantage d’un ger, s’il n’est pas utilisé de manière nomadique, est qu’il faut un peu le « secouer » (disons une fois par an, comme nettoyage de printemps) pour déloger les insectes et rongeurs qui peuvent y avoir trouvé refuge pendant l’hiver. C’est également une petite habitation pour ceux qui n’y sont pas habitué et il n’y a pas de toilette ou de douche à l’intérieur de la structure.

Si vous êtes curieux d’en savoir plus ou de visiter un ger pour vous en faire une opinion, n’hésitez pas à nous contacter !

Photos de Tartaruga

 

 

3 COMMENTAIRE - “Les Tiny House: La magie des yourtes

    1. Hi Claudia,
      We are working with 2 different companies for yurts. You can follow the links at the top of this blog to get more information. I will also send you an email with more details. Best, Francois

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